Pour les maux du quotidien de votre cheval, pour lutter contre les insectes, pour assainir ses pieds face à la boue, pour les petites plaies, il existe des solutions naturelles, souvent peu chères et faciles à mettre en place. Certains produits sont même sûrement déjà dans votre placard. Voici quelques recettes et mélanges pour votre compagnon.

Vous vous méfiez des produits du commerce, attirants par un marketing toujours plus poussé mais souvent chers, remplis de produits chimiques ou peu efficaces ? Tournez-vous vers des remèdes de grand-mère. En voici 5 à tester.

1. Le vinaigre de cidre et l’argile, pour les fourchettes
Plutôt que d’appliquer du goudron (d’autant plus que les produits en vente sont souvent bien éloignés du goudron naturel de Norvège, sont des dérivés de pétrole et ne laissent pas le pied respirer), utilisez un spray fait maison : mélangez du vinaigre de cidre avec de l’argile blanche (ou verte à défaut) jusqu’à obtenir une consistance assez épaisse pour ne pas trop couler et assez liquide pour pouvoir bien l’appliquer dans les lacunes latérales et médianes des pieds. Vous pouvez ajouter quelques gouttes d’huiles essentielles de tea tree mais aussi de laurier, de thym, etc. Ce mélange absorbe l’eau sans la bloquer grâce à l’argile et a des vertus antiseptiques, assainissantes et purifiantes.
Curez bien le pied, nettoyez soigneusement la fourchette et les lacunes. Vous pouvez utiliser une brosse bien dure ou même une brosse métallique (attention par contre à ne pas déraper au-dessus des glomes ou sur le creux du paturon). N’hésitez pas à finir avec un chiffon si le sabot était plein de boue. Appliquez ensuite le mélange au pinceau ou à l’aide d’un flacon doseur principalement dans les lacunes, sur toute la fourchette, sur les glomes et si besoin sur la sole. Si possible, laissez le cheval les pieds au sec pendant un moment. Vous pouvez par exemple appliquer ce mélange avant de panser votre cheval ou de lui donner une ration, etc.
Utilisez ce mélange aussi souvent que possible par temps humide et lorsque les prés sont boueux (tous les jours idéalement) et une à deux fois par semaine lorsque vous voyez que la fourchette se ramollit ou que les lacunes se creusent.

2. Le miel pour les plaies mais pas que…
Le miel est un puissant cicatrisant et possède des propriétés antibactériennes. C’est donc un remède naturel efficace pour des petites plaies et autres problèmes de peau. Privilégiez le miel de thym. Grâce à des phénols comme le thymol ou le carvacrol, il est encore plus efficace pour la régénération et la cicatrisation de la peau. En outre, il a un pH plus élevé que d’autres miels ce qui limite encore plus la prolifération des bactéries. Son action antibactérienne et antifongique est donc supérieure.
N’oubliez pas de bien nettoyer la plaie avant d’appliquer le miel en couche épaisse. Évitez cependant d’en mettre si la plaie est à portée de bouche : si le cheval lèche le miel, attiré par le sucre, il pourrait retarder la cicatrisation de sa plaie. Enfin, ce remède parfait et pas cher est moins adapté l’été : les mouches, attirées par le miel, viendraient se poser en nombre sur la plaie.
Le miel peut aussi être donné par voie orale pour soulager des ulcères gastriques (trop nombreux chez les chevaux de sport et de course) ou en cas de toux. Cependant, vous devez en complément appeler le vétérinaire et donner un traitement adapté aux maux de votre cheval.

3. L’ail pour éloigner les insectes et purifier
L’ail est une plante aux multiples effets : elle nettoie le système digestif, purifie le sang, améliore le système immunitaire, favorise une bonne digestion, etc. Il est riche en antioxydants, en vitamine C et en vitamines B6. Grâce notamment à l’allicine, l’ail est antibactérien, antiviral et anti-infectieux et est un vermifuge naturel.
De plus, il éloignerait les insectes et parasites en changeant l’odeur et le goût du sang et de la transpiration. Cependant, aucune étude scientifique ne le prouve et cette utilisation reste controversée. Certains propriétaires de chevaux affirment voir des résultats efficaces alors que d’autres pas du tout. L’idéal est donc de tester et de voir si sur votre cheval, l’ail agit en ce sens.
Attention, l’ail est déconseillé pour les chevaux qui sont en anémie ou qui ont des soucis de coagulation sanguine.
Il faut également faire attention au dosage. Ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est sans danger. Si vous donnez trop d’ail à votre cheval, cela peut entraîner des lésions au niveau du tube digestif, des diarrhées, des problèmes de coagulation, de l’anémie. Il ne faut pas non plus en donner en trop grande quantité ni en cure prolongée (pas plus d’un mois). Selon la forme que vous choisissez (ail frais, séché, macérât, extrait purifié…), le dosage sera différent, renseignez-vous bien ou suivez les recommandations de l’herboriste ou de la marque si vous achetez un complément auprès d’un professionnel du cheval. Selon la forme, l’allicine peut être absente ou inhibée. Il est là aussi important de se renseigner. Donner de l’ail séché que vous faites tremper quelques minutes dans de l’eau permettrait à l’allicine de se former.
Concernant l’utilisation de l’ail en tant que vermifuge naturel, là aussi, il n’y a pas de certitudes scientifiques et les études ne sont pas simples à mener. L’idéal est de tester et de vérifier par une coproscopie avant et après le vermifuge, si ce dernier est efficace. Et de bien se renseigner sur les mélanges (si vous utilisez d’autres plantes ou huiles essentielles en plus de l’ail) et les dosages.

4. Les graines de lin cuites
Les graines de lin ne doivent pas être données crues car elles ne sont pas digestes et assimilables, l’écorce étant trop dure. Elles ressortiraient intactes ce qui n’a aucun intérêt. Il faut les broyer ou les faire cuire.
Le cataplasme aux graines de lin est contraignant mais très efficace pour faire mûrir un abcès du sabot du cheval et donc soulager rapidement ce dernier.
Faites bouillir des graines de lin jusqu’à ce qu’elles libèrent leur mucilage, une sorte de gel gluant, un peu translucide. Laissez refroidir jusqu’à ce que le mélange soit tiède et faites un cataplasme avec : déposez cette pâte dans une toile de jute ou un linge propre et enfermez le pied dedans. Fermez avec de la bande élastique collante. Si votre cheval vit dehors et est en contact avec la boue, vous pouvez ajouter un sac plastique autour que vous fermerez également par un ruban collant.
Les graines de lin aident à faire mûrir l’abcès et à décongestionner le pied. Faites un nouveau pansement tous les jours jusqu’à ce que l’abcès perce.
Les graines de lin peuvent également être utilisées en interne pour soulager des ulcères gastriques (souvent dus à un excès de céréales), les mucilages agissant comme un pansement gastrique.

5. Les huiles essentielles contre les insectes
L’été est une saison insupportable pour les chevaux : entre les mouches, les taons, les mouches plates… Ils doivent supporter leur assauts 24h/24 ou presque.
Mais cela peut vous rebuter d’utiliser des sprays chimiques pendant de longues semaines ou des mois. Vous pouvez fabriquer un spray aux huiles essentielles. Attention toutefois à ne pas utiliser des huiles essentielles photosensibilisantes. Les huiles essentielles ne se mélangeant pas à l’eau, vous devez utiliser une base, soit achetée exprès, soit une huile végétale, soit du vinaigre de cidre, qui a également une action répulsive. Idéalement, mélangez vinaigre de cidre et huile végétale car les huiles essentielles se mélangent mieux avec les huiles végétales.
Utilisez du vinaigre de cidre bio, un peu d’huile végétale bio (surtout pas l’huile de millepertuis, photosensibilisante, mais vous pouvez utiliser de l’huile d’olive, de colza, de carotte, de coco, de ricin…) et des huiles essentielles réputées pour leur action répulsive, par exemple : eucalyptus citronné, géranium, lavande, citronnelle de java, menthe poivrée…

Vous pouvez également ajouter au mélange de l’aloe vera, du jus de citron, des feuilles de menthe, etc.
Pour 1 litre de liquide (mélange vinaigre de cidre, huile végétale et eau filtrée éventuellement), vous pouvez mettre environ 60 gouttes d’huiles essentielles (en panachant par exemple 20 gouttes d’huile essentielle de géranium, 20 gouttes de citronnelle et 20 gouttes d’eucalyptus citronné).
Attention à ne pas en mettre trop souvent au début pour vérifier qu’il n’y a pas de réactions de peau. Et pas plus de deux fois par jour.
Les huiles essentielles étant volatiles, l’efficacité ne sera pas très longue au départ. Mais s’il ne pleut pas et au fur et à mesure des applications, l’efficacité devrait augmenter.
En mettant plus d’huiles végétales et moins de vinaigre de cidre, les huiles essentielles sont moins volatiles mais le mélange est plus gras, ce qui est moins pratique si vous voulez monter mais plus efficace pour votre cheval au pré. Faites des essais ou faites-vous deux sprays à utiliser selon le contexte.

Comme pour tout remède naturel, n’oubliez pas que naturel ne veut pas dire inoffensif, des actifs naturels peuvent être toxiques, selon le contexte et le dosage notamment. Renseignez-vous bien, demandez conseils à des professionnels (vétérinaires, herboristes, etc.), testez en petite quantité et soyez à l’écoute de votre animal.

Photo de Philippe Oursel sur Unsplash